Nergis El berria

 

Mon aventure actuelle dans le monde de l’éducation démocratique découle à la fois d’un cheminement de longue date et d’une série de récents coups de foudre.

Mon intérêt particulier pour l’Education est né dès mon enfance. J’ai vécu les vingt premières années de ma vie au Maroc et j’ai eu la chance de grandir au contact de milieux très différents. J’ai fréquenté les meilleures écoles privées marocaines de Rabat et, plus tard, les classes préparatoires du lycée français, mais je connaissais bien également les écoles publiques de mes cousins ainsi que l’école d’un village de la région dont mon père est originaire. Depuis ma toute première année, et au moins chaque été, nous nous rendions à cette région du Nord du Maroc. Les aventures et les luttes de l’enfance de mon père et de ses proches m’étaient alors contées : ils devaient parcourir quotidiennement depuis l’âge de 7 ans, dans  des conditions souvent très difficiles, plus de 14 kilomètres pour aller à l’école...

Le rêve de contribuer à un changement éducatif s’était ainsi installé très tôt en moi, mais mon parcours académique m’avait menée en grande école de commerce. Je m’étais alors spécialisée en Management des Ressources Humaines tout en gardant précieusement mon rêve. Mes expériences en entreprises et ma formation m’ont finalement permis de prolonger ma réflexion autour de l’école. Le paradoxe entre le chômage de masse et les grandes difficultés de recrutement dans certains secteurs tels que le Numérique et l’Hôtellerie-Restauration m’ont interpellée sur le rôle de l’école, de la formation continue et de l’autoformation.

Lors de ma dernière année de Master, inspirée par l’exemple du système éducatif finlandais et de grands experts tels que Sir Ken Robinson, Sugata Mitra et Pasi Sahlberg, j’ai voulu, sans attendre, contribuer à changer le système éducatif en m’inscrivant aux concours de l’enseignement. C’est ainsi que je suis devenue la maîtresse d’une classe de CE2 dès la fin de mon parcours en école de commerce. Cette expérience fut riche, intense et courte. En effet, six mois plus tard, bouleversée par la découverte du modèle Sudbury, je quittais, sans grande hésitation, l’Education Nationale.

J’ai découvert le modèle Sudbury d’abord grâce au TED de Ramïn dont les paroles m’ont paru d’une telle évidence qu’elles ont fait battre mon coeur pendant plusieurs heures et rendu mon métier absurde à mes yeux. J’ai rêvé ce jour-même de rejoindre une école telle que l’Ecole Dynamique et d’en créer une. Trois semaines plus tard, je n’étais plus professeur des écoles et toute mon énergie était consacrée à la rencontre et l’exploration du monde de l’Education Démocratique. Mes rêves sont devenus réalité : j’ai rejoint la belle équipe de l’Ecole Dynamique et j’ai co-fondé avec six autres personnes une école de type Sudbury dans le Nord de Paris !

Je suis heureuse aujourd’hui de faire partie d’une communauté et d’une école qui ont un profond respect pour la liberté de toutes les personnes quel que soit leur âge et une confiance inconditionnelle dans la capacité naturelle de l’Homme à agir et à apprendre.